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Accueil de Loisirs, Arconsat, avec l’Atelier d’Architecture Simon Teyssou

Lieu :

Arconsat (63)

Calendrier :

2014

Maîtrise d'ouvrage :

Com de Com de la Montagne Thiernoise

Budget :

1 651 531 euros HT

Surface :

911 m2

Equipe maîtrise d'oeuvre :

FY (structure)
AES (fluides)
CS2N (économiste)

Responsable de projet :

Guillaume Varraud

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Sur les crêtes Nord des monts du Forez, la communauté de communes de la montagne thiernoise a décidé d’organiser l’aménagement de son vaste territoire de moyenne montagne, autour de programmes structurants (maison de retraite, centre touristique, petite enfance). La répartition de ces équipements communautaires dans plusieurs communes différentes donne à chacune un rôle majeur à l’échelle des petits bourgs contre lesquels ils viennent s’adosser. Cet engagement en faveur d’une architecture contemporaine, ambitieuse, se traduit par des conditions de maitrise d’œuvre assez inhabituelles pour le territoire du Parc Livradois Forez et pour notre agence. En particulier, le budget, confortable pour un équipement de campagne, nous oblige à poser la question de la frugalité de manière différente. A la suite de nos réalisations voisines en terre et en bois, nous sommes appelés pour mettre en œuvre notre savoir-faire en matière de développement durable et d’utilisation de matériaux naturels. Ensuite le maitre d’ouvrage nous demande une architecture pour enfant, colorée, ludique…

CLA - plan

Nous choisissons de prendre le contrepied en construisant un bâtiment majoritairement en béton brut. Le sablage appliqué sur le béton laisse apparaître les petits cailloux de basalte noir provenant de la carrière du village voisin et confère à l’ensemble un caractère particulièrement rustique. C’est une réponse au paysage. En nous appuyant sur le caractère minéral, tellurique du béton sablé, nous explorons le thème de l’affleurement rocheux où la construction ne serait qu’une singularité naturelle du paysage, à l’inverse d’un bâtiment. Nous cherchons à éviter « l’effet sim city » du centre de loisirs, posé au milieu de ses aménagements extérieurs, entouré de clôtures et en rupture avec le caractère rural du paysage. Les fonctions extérieures demandées au programme, aire de jeux, préau, terrasse du restaurant, sont intégrées aux volumes construits pour laisser au premier plan, en contrebas le champ, vierge d’aménagement. Le projet, implanté à l’entrée basse du village joue le rôle de transition entre le grand paysage de la vallée et le village escarpé à l’arrière.  Il s’agit là du véritable effort économique, Construit sur un terrain en forte pente, le choix de faire disparaître la distinction structure/infrastructure génère de forts surcoûts en soutènements et terrassements.

Le plan est constitué de quatre carrés de 15 mètres de coté, décalés entre eux et orientés par des angles ouverts sur le paysage de la vallée la Durolle. Chaque carré abrite une des grandes fonctions du programme (motricité, restauration, salle des grands, salles des petits) et se trouve percé par un des espaces extérieurs qui permet à la lumière de rentrer dans la forme épaisse du carré. La salle de motricité est marquée par une structure en béton composée de grandes poutres en S laissant en plafond de larges bandeaux vitrés et joue ainsi le rôle de l’espace extérieur du carré qu’elle occupe. Le parcours à l’intérieur est une alternance entre les grands panoramas ouverts sur la vallée et les vues intimes vers les petites cours et jardins intérieurs qui brouille l’opposition intérieur/extérieur.
A la manière du plan qui organise les décalages et les rotations et donne ainsi un caractère organique aux volumes, la coupe de chaque carré est une variation sur l’orientation des pentes de toiture formant une ligne de ciel composée qui répond à la ligne brisée du sol. Ces écarts permettent par ailleurs d’absorber de manière naturelle les différences de besoin de hauteurs sous plafond entre les différents programmes : salle de motricité, salles de vie, bureaux, etc.

Ensuite, à la manière de l’architecture vernaculaire du Livradois-Forez, le bois est utilisé en complément de chaque façade afin d’hybrider l’ordre général du béton. Le volume en béton se creuse pour laisser apparaître des menuiseries, filtres, panneaux de bois comme la chair d’un fruit dans lequel on aurait tranché. Le caractère du projet s’appuie sur l’opposition entre le dessin précis du bois et le caractère rustique du béton sablé. Dans le but de faire disparaître la distinction entre intérieur et extérieur, ce principe d’hybridation meuble en bois / béton sablé est reporté dans certains espaces intérieurs : salle de motricité, circulations, administration.

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