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3 logements à Domaize

Lieu :

Domaize, hameau de Terroles (63)

Calendrier :

2015

Maîtrise d'ouvrage :

Com de Com du Pays de Cunlhat

Budget :

523 539 euros HT

Surface :

322 m2

Equipe maîtrise d'oeuvre :

FY (structure)
ENTHALPIE (fluides)
CS2N (économie)

Responsable de projet :

Frédéric Guillin + Guillaume Varraud (phase Etudes) - Marion Mazeyrat (phase Chantier)

             La communauté du Pays de Cunlhat, implantée sur les hautes buttes des monts du Livradois, à l’écart de la métropole clermontoise, n’attire pas les bailleurs sociaux. Pourtant une grande partie de sa population est éligible et un réel besoin existe, notamment en début de parcours résidentiel.
Dans le but de compléter le petit parc de logements sociaux qu’elle gère directement, la communauté de communes a engagé la réhabilitation d’un ancien corps de ferme en une petite opération de 3 logements sociaux. Le bâtiment existant s’ouvre sur le paysage de la vallée de la Dore à L’Est et s’implante sur la frange d’un hameau de quelques maisons, à l’écart du centre de la commune.

LOD - plan de situation             A l’origine, la ferme est un bâtiment en très mauvais état : les planchers, la charpente, les encadrements de fenêtres en bois sont pourris, un morceau de la façade s’est effondré, une partie du toit s’est envolée lors de l’hiver précédent. La première partie de l’étude consiste à choisir entre la démolition pour reconstruction et la réhabilitation de la bâtisse pour abriter les logements. Les deux faisabilités montrent que les prix sont comparables. Tout le monde pense qu’il faut démolir. Le bâtiment ne présente une valeur patrimoniale exceptionnelle, il s’agit seulement d’une ferme en pierre en train de rejoindre les dizaines de ruines couvertes par les ronces des hameaux des monts du Livradois. Mais cette idée de patrimoine banal nous intéresse. La ferme occupe une place symbolique en haut d’une butte, c’est un marqueur fort du paysage de cette petite vallée et du hameau de Terolles. De plus nous comprenons que nous serons incapables de reproduire la patine sur la pierre et les enduits de façade, caractéristique de ces villages. Enfin nous percevons les grands volumes existants de la grange comme une chance pour des logements sociaux à la campagne. Nous choisissons la réhabilitation. Si les murs d’origine sont en granit, des réparations ponctuelles ont été réalisées en parpaings industriels. Cet aspect dégradé, ces « bricolages » confèrent au bâtiment existant une esthétique singulière tout à fait intégrée au paysage délavé, patiné, caractéristique des autres maisons du hameau. Les réhabilitations publiques de bâtiments agricoles cherchent souvent à singer les constructions neuves par la mise en œuvre d’enduits plastiques et installent de cette manière une architecture rutilante en rupture avec le paysage local.

             Nous avons plutôt choisi de nous appuyer sur cette esthétique de la ruine, pensant que l’installation de 3 logements sociaux dans un hameau de 4 maisons était déjà un greffe difficile en soi. Le projet navigue au milieu de cette contradiction : réparer lourdement une construction existante pour accueillir des logements neufs tout en conservant la poésie des façades du vieux bâtiment. Malgré le caractère très disparate de la façade, nous avons d’abord choisi de ne pas refaire les enduits existants et de conserver les pierres lorsqu’elles étaient apparentes. Ensuite le sujet principal était le remplacement des parties de façades abimées, les cadre en bois des ouvertures et les zones en parpaing. S’agissant d’un bâtiment agricole, il existait une grande disparité de mesures, de formes dans les ouvrages à reprendre : cadres d’ouvertures, escalier extérieur, angles de façade, etc.

Domaize - Axonométrie du bâtiment (vues depuis les angles Nord Ouest et Sud Est)

Domaize – Axonométrie du bâtiment (vues depuis les angles Nord Ouest et Sud Est)

 

             Nous avons choisi de nous appuyer sur le béton coffré en place comme la matière malléable nécessaire aux adaptations ponctuelles, la maçonnerie comme matière vernaculaire. Sur la base d’un relevé précis de chaque pierre existante, une encyclopédie du cadre de fenêtre, nous avons dessiné les détails de tous les ouvrages, articulant murs existants en pierres, coffrages en planches de sapin, serrureries en métal brut et menuiseries en mélèze.

             La façade Ouest ouverte sur le petit espace public du hameau est une réinterprétation du dessin d’origine des baies et de l’escalier de grange. A l’inverse les façades Est et Sud ouvrent, en toute liberté, de nouvelles fenêtres sur le paysage.
Le grand luxe du projet, pour les logements est la réutilisation des grands volumes de la grange initiale, organisant des espaces riches et singuliers autour des doubles-hauteurs, mezzanines, demi-niveaux, rampants sous toiture, escaliers éclairés naturellement, etc.. De plus, l’argent économisé sur les ravalements de façade nous a permis de réaliser tout le mobilier fixe, placard, étagères, cuisine équipée, habituellement absent des logements sociaux. Le T3 et le T5 s’ouvrent sur des terrasses au RDC à l’Ouest, le T4 surmontant les autres logement et accessible par un escalier extérieur, bénéficie d’un grand jardin d’hiver ouvert sur le village.

 

Domaize - plans, coupe et élévations

 

 


 

Domaize – T4 – cuisine ouverte sur le séjour / Photographe : Benoît Alazard

 

Domaize – T4 – jardin d’hiver ouvert sur le séjour / Photographe : Benoît Alazard

 

Photographe : Benoît Alazard

Domaize – T5 – salle de jeux et bureau en mezzanine sur le séjour / Photographe : Benoît Alazard

 

Domaize - T5 - cuisine et escalier - double hauteur sur le séjour / Photographe : Benoît Alazard

Domaize – T5 – cuisine et escalier – double hauteur sur le séjour / Photographe : Benoît Alazard