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27 logements locatifs sociaux à Romagnat

Lieu :

Romagnat (63)

Calendrier :

2017 - chantier en cours

Maîtrise d'ouvrage :

OPHIS du Puy-de-dôme

Budget :

3 008 000 euros HT

Surface :

2 156 m2

Equipe maîtrise d'oeuvre :

FY ingénierie (structure)
AES (fluides)
CS2N (économiste)

Responsable de projet :

Guillaume Varraud (phase études), Olivier Mori (phase chantier)

Agglomération clermontoise

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A l’échelle de Romagnat, petite ville de l’agglomération clermontoise, le quartier Tocqueville est caractérisé par une densité perçue supérieure à celle à laquelle on pourrait s’attendre dans un quartier résidentiel, en raison notamment des hauteurs de murs de soutènement ou de façades dues à la pente. Il joue le rôle de transition entre le tissu très serré du centre ancien au Nord-Est et celui, beaucoup plus lâche, des zones pavillonnaires au Sud et à L’Est. A l’échelle du site, l’ancienne école et la salle Tocqueville ont jouées pendant longtemps le rôle de points de repère, de petits monuments à l’échelle du quartier et on peut imaginer qu’il en reste une mémoire dans les pratiques des habitants. Il serait donc dommage de vouloir coller à l’échelle des petites maisons en éclatant le programme. Cela conduirait à trop occuper le sol et nierait le besoin de créer un lieu marquant, singulier dans le quartier.
Nous avons donc fait le choix de séparer le programme en seulement deux constructions distinctes, plus avantageux des points de vues économiques et énergétiques, tout en réduisant l’impact d’un bâtiment unique. Reliés par une place publique et la présence des parties communes en RDC, ils jouent chacun un rôle de charnière dans le paysage et le fonctionnement du quartier.
Le bâtiment Tocqueville, composé d’une construction existante en pierre et d’une extension, abrite 13 logements et une salle de quartier. Situé au Sud-Est il assure la relation avec la ville haute, moins dense. L’implantation de l’extension au-dessus et à l’ouest du bâtiment existant, permet de laisser libres les deux façades principales, conservant le caractère traversant de la salle commune et libérant deux jardins publics au Sud et au Nord.
Le « bâtiment rue des écoles », construction en longueur, située à la place de l’ancienne école, abritant 16 logements, assume, par son caractère imposant, ce rôle de point de repère depuis le bas de la Rue de Tocqueville. Au Nord, il profite de la situation de belvédère pour libérer la vue de cette façade occupée principalement par les chambres et les cuisines. La façade Sud donne sur un grand jardin, le pignon Est articule le passage de la Rue de Tocqueville à la rue des Ecoles.

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Le projet prévoit l’utilisation du bois comme le vecteur d’une nouvelle architecture du logement social, plus chaleureuse, esthétiquement plus maitrisée, plus performante et initiant une appropriation et une identification positive par ses habitants : « je vis dans un immeuble en bois qui est un matériau local et naturel ». Par ailleurs, Romagnat est située dans une région marquée par la présence d’une ressource et d’une filière bois qui a mis du temps à se développer mais qui, aujourd’hui, sur le modèle d’autres régions européennes, est en train de s’adapter à la construction de manière de plus en plus sérieuse. Malgré cela, le coût de la construction bois est encore légèrement supérieur aux très efficaces techniques du logement social (béton, parpaing, enduits). Nous avons donc choisi d’explorer les mises en œuvre permettant de faire baisser les coûts (préfabrication complète en atelier y compris bardage et pose des menuiseries extérieures, simplification des pré-cadres, etc.) en adaptant le dessin des façades. Ensuite le projet propose l’utilisation d’un matériau transparent différent du verre mais avec un pouvoir isolant équivalent : le polycarbonate, matériau issu des constructions agricoles, dont le prix est très bas, inférieur à une surface de mur plein. Ces parois ont une transparence légèrement inférieure à celle du verre mais permettent de faire rentrer énormément de lumière dans les pièces de vie, tout en étant associées à des menuiseries classiques pour les vues.
Ces efforts, associés au dessin très rationnel de la structure en béton (dalles et refends assurant la séparation acoustique et incendie entre les logements) permettent de libérer des moyens pour répondre aux enjeux premiers de l’habitat : pièces supplémentaires, volumes en double hauteur, duplex, larges ouvertures, etc. De manière à rendre l’ensemble des logements traversants tout en conservant les salons sur la façade Sud et ouverts sur le jardin, le projet développe un système de coursives un étage sur deux desservant des duplex croisés afin de conserver un maximum d’intimité. Par exemple, le R+2 rassemble les entrées et les cuisines des logements en duplex dont les chambres sont alternativement au R+1 et au R+3. Par ailleurs chaque logement bénéficie d’un espace extérieur privatif dont la dimension est au moins celle d’un pièce (15 m2). En plus des balcons, plusieurs dispositifs de façades permettent, au sud, d’installer des jardins d’hiver, espaces tampon, recouvert d’une peau en polycarbonate complétement escamotable l’été.

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